Il n’est pas chose commune pour un batteur jazz de susciter l’admiration chez les amateurs de musique métal. Mais Jeff Hamilton suscite l’admiration de tous. Lorsqu’il joue dans un stade avec Diana Krall, c’est lui qui dirige les musiciens, le rythme et l’incontournable swing et lorsqu’il joue dans des clubs comme le Steamers à Fullerton en Californie, c’est encore lui qui vole la vedette. Sa musique fait vibrer les gens parce qu’il a le swing dans la peau. C’est d’ailleurs ce swing qui fait que Jeff a joué avec les grands noms tels qu’Oscar Peterson, Monty Alexander, Rosemary Clooney, Ray Brown, Woody Herman, Lionel Hampton, Ella Fitzgerald, Count Basie, ainsi que le Clayton Hamilton Big Band. Il a même remplacé nul autre que Shelley Manne des L.A. Four. Pas piqué des vers comme curriculum vitae…


 






Vous remarquerez que Jeff n’a pas besoin de frapper fort pour vous en mettre plein la vue. Il a appris cela de Gene Krupa, Buddy Rich, Philly Joe Jones, Papa Jo Jones, Mel Lewis et John Von Ohlen. L’éthique de ces batteurs qui ont marqué l’histoire du jazz voulait que chaque coup soit maîtrisé : ils se faisaient les dents sur des tempos casse-cou et sur des ballades terriblement lentes. Et lorsque Jeff Hamilton exécute une de ces ballades, observez bien comment il déploie ses balais sur les peaux pour obtenir un son soyeux et progressif, puis comment il envoie brusquement un coup de baguette (qu’il tient immanquablement entre ses jambes) avant de continuer avec la cymbale ride, comme si de rien n’était.

Jeff est tellement particulier par rapport à ses instruments, qu’il a investi dans une compagnie de cymbales en Turquie. Voilà qui est de la dévotion pure, une autre de ses qualités qui lui vaut l’admiration de plusieurs. Il n’y en a pas un comme Jeff Hamilton.

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